15/06/2012

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VATICAN :REMISE DE LA REPONSE DU PAPE A LA FRATERNITE SAINT-PIE X

 

Ce mercredi, le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a remis la réponse du pape à Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). Le document rend possible le retour de la Fraternité dans l’Église, abordant à la fois les questions de fond, et les conditions de forme, avec la constitution d’une prélature personnelle comme l’Opus dei.

 

Contrairement à leur première réponse, les intégristes ne rejetaient plus le magistère de Vatican II et celui des papes suivants. Restaient cependant des formulations jugées non acceptables par Rome, notamment la mention des « erreurs du concile » : en clair, la Fraternité peut avoir des réserves sur tel ou tel point de Vatican II (liberté de conscience, dialogue interreligieux, œcuménisme) mais elle ne peut parler d’« erreurs du concile ». Ce préambule devrait être rendu public, une fois l’accord définitif de Mgr Fellay obtenu. En revanche, on ne connaîtra pas la version originale d’abord proposée par Rome, sur laquelle a porté la discussion.

 

Le texte remis ce mercredi prévoit aussi les conditions pratiques de cette réintégration, avec la création d’une prélature personnelle qui est une sorte de diocèse sans territoire. Elle donnerait à la Fraternité autorité sur ses membres, à condition d’obtenir l’accord de l’évêque du lieu pour s’implanter dans tel ou tel endroit. Cet assentiment de l’évêque ne serait pas nécessaire pour les maisons, églises et prieurés déjà fondés.

 

Néanmoins, Mgr Fellay doit accepter les dernières modifications demandées par Rome, et donc saisir la porte ouverte par Benoît XVI. Tout semble indiquer qu’il y est prêt. Ainsi, dans un entretien paru en juin dernier sur le site de la Fraternité, il notait que « Rome ne fait plus d’une acceptation totale de Vatican II une condition pour la solution canonique », relevant qu’« aujourd’hui, à Rome, certains considèrent qu’une compréhension différente du Concile n’est pas déterminante pour l’avenir de l’Église, car l’Église est plus que le Concile ».

 

Mais le supérieur de la Fraternité peut demander un nouveau délai pour réfléchir. Il faut en effet se souvenir que déjà, en 1988, alors qu’ils avaient signé l’accord doctrinal, les intégristes avaient brutalement rompu les discussions. De plus, il paraît certain que, même si Mgr Fellay accepte, une partie de la Fraternité ne le suivra pas. On ignore quelle sera la situation des autres évêques de la Fraternité, dont l’excommunication avait été levée par Benoît XVI en 2009, et qui n’accepteront pas la réintégration.

 

La résorption du schisme est l’un des objectifs assignés par Benoît XVI pour son pontificat. Il est convaincu que si la Fraternité est rattachée au reste de l’Église, la tradition vivante irriguera cette communauté, et que le temps fera son œuvre pour aplanir les résistances.

 

Vu de France, la réintégration risque d’indisposer les catholiques notamment français qui vont peut-être comprendre le processus comme un enterrement des acquis conciliaires. Le rôle des évêques sera de les rassurer et de rappeler l’importance de Vatican II dans le fonctionnement de l’Église d’aujourd’hui.

 

Cependant, je suis persuadé que le loup s'apprête à entrer dans la bergerie, l'extremisme catholique étant si éloigné de l'humanisme du Christ. En ce qui me concerne, je pense que le radicalisme incarne l'une des formes du Malin.

 

 

 

 

VATICAN : LES MEDIAS A LA DIETTE

 

A compter du 1er juillet 2012, le Centre de transmission de Radio Vatican situé près de Rome cessera d’émettre en ondes courtes et moyennes vers la plupart des pays d’Europe et d’Amérique. Par cette opération, la « radio du pape », à qui les instances du Saint-Siège ont demandé de faire des économies, réduira considérablement ses dépenses énergétiques.

 

Le Père Federico Lombardi, directeur de Radio Vatican vient d’expliquer à la presse les raisons de cette décision. L’Europe et l’Amérique sont les régions du monde où la couverture de la part des retransmissions radio et l’accès par internet sont désormais les moyens les plus largement prépondérants pour profiter des services de la radio.


Le Père jésuite a reconnu que cette opération permettrait à Radio Vatican de réaliser d’importantes économies. Il est allé jusqu’à évoquer plusieurs centaines de milliers d’euros épargnés au niveau de la consommation d’énergie. Les gigantesques antennes du centre de transmission demandent une grande quantité d’électricité.


Ces dernières années, la commission de cardinaux chargée de contrôler les finances du Saint-Siège et de l’Etat de la Cité du Vatican a régulièrement souligné que les coûts liés aux organes de communication devaient subir des coupes sévères.

La radio du pape achèvera en 2013 un plan de réduction du personnel entamé une dizaine d’années plus tôt en passant de 400 à 340 employés. Il avait même été question de déplacer les locaux de la radio et de louer ceux qu’elle occupe actuellement, à quelques centaines de mètres hors du Vatican.


La réduction actuelle concerne près de la moitié des temps de transmission du centre situé au Nord de Rome, d’où démarre l’étude pour la restructuration du centre même en fonction des nouvelles technologies de communication.


D’autres réductions des transmissions en ondes courtes sont prévues, en tenant toujours en considération le devoir de servir les régions les plus pauvres comme en Afrique qui n’ont pas d’alternatives pour recevoir de façon capillaire la voix du pape et de l’Eglise.

Dans les jours à venir, les émissions radiophoniques dans les différentes langues informeront leur audience de la nouvelle situation, en donnant des suggestions et des indications appropriées pour que les auditeurs traditionnels en ondes courtes et moyennes puissent recourir à des voies alternatives, à commencer par internet. Si les pays d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord ne devraient pas être pénalisés par cette décision, il y a des chances que la radio du pape perde des auditeurs dans certains pays plus pauvres d’Europe de l’Est ou d’Amérique latine.


Les programmes de Radio Vatican en 40 langues sont retransmis, sur la bande FM et sur les ondes moyennes, par un millier de radios locales ou régionales dans environ 80 pays à travers les 5 continents. Ils sont par ailleurs accessibles, partout dans le monde, en direct sur 5 canaux internet et à la demande en podcast sur le site www.radiovaticana.va.

 

Parmi les autres medias du Vatican figure aussi le Vatican Information Service (VIS) qui lui sera supprimé fin juillet 2012 après vingt ans d’existence. Les 60 000 abonnés de cette lettre d’information quotidienne en quatre langues (anglais, français, italien et espagnol) diffusée sur Internet recevront désormais les nouvelles de la plate-forme multilingue news.va. Les archives (près de 85 000 articles), dotées d’un système de recherche simple et rapide, seront conservées et insérées dans le site du Bureau de presse du Saint Siège.

 

Manifestement la crise frappe aussi le Vatican qui cependant ne paie pas d’impôts d’où de nombreuses critiques vu sa situation particulière au coeur de l’Italie. Ces mesures d'économies ne représentent qu'une goutte dans la mer au vu du patrimoine artistique considérable du petit Etat.



15:19 Écrit par Daniel

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