04/06/2012

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L’OSSERVATORE ROMANO AU FEMININ

 

L’Osservatore Romano a lancé, le 30 mai 2012, un supplément féminin mensuel. Selon la journaliste qui coordonne l’initiative, ces quatre pages en couleurs ont pour ambition de « parler à chacun ».

 

Outre différentes signatures féminines de renom, le supplément accueillera, chaque mois, d’autres personnalités internationales, interreligieuses et œcuméniques. Chaque numéro comprendra, par exemple, une rubrique consacrée à un sujet concernant une autre religion. Le premier numéro contient une interview de la présidente du mouvement italien des Focolari ainsi qu’un article sur Jeanne d’Arc, signé par une spécialiste d’histoire médiévale, la Française Sylvie Barnay.

 

Pour Lucetta Scaraffia, historienne catholique et journaliste, ce supplément italien entend faire connaître « le trésor caché que sont les femmes dans l’Eglise ». « Nous voulons donner la parole à cette réalité peu connue, a-t-elle poursuivi, pour apporter une nouvelle vitalité à l’Eglise ». Les femmes ont beaucoup à dire et à proposer. « Il y a une grande demande de dignité » de leur part.

 

Le directeur de L’Osservatore Romano a assuré que ce nouveau projet éditorial montrait l’inconsistance de la vision d’une Eglise « ennemie des femmes ». Selon lui, l’émancipation et la promotion des femmes doivent beaucoup au christianisme, depuis les origines. Et cela malgré des contradictions selon les époques, qui sont à attribuer surtout aux contextes culturels.

 

Dans son éditorial, il a affirmé que le supplément entend « élargir le regard du journal du Saint-Siège ». Son but est de « s’étendre à des cercles de plus en plus amples, avec un souffle international, et même au-delà des frontières visibles du catholicisme mondial ».

 

Questions : Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?  La parité est-elle à l’ordre du jour au Vatican ?

 

Je pense qu’on est loin du compte même si le Christ comme l’atteste les évangiles a accordé beaucoup de places aux femmes. Pour avoir consulté le journal à plusieurs reprises, je pense qu’un travail plus en profondeur doit être entrepris à commencer par la mise en page qui est très suranné, un peu à l’image du Vatican sur certains sujets ? 

 

 

 

 

NOUVEAU CAHIER DES CHARGES POUR LES APPARITIONS

 

Comment juger de l’authenticité d’une apparition ? En 1978, un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, approuvé par Paul VI, avait mis en évidence les critères d’un discernement nécessaire. Mais, adressé aux évêques et aux spécialistes, il n’était disponible qu’en latin.

Désormais, le site internet de la Congrégation pour la doctrine de la foi propose des traductions en italien, espagnol, allemand et anglais. Une traduction française devrait être disponible prochainement. De fait, plusieurs traductions non autorisées avaient déjà circulé. D’où la publication, cette fois-ci officielle, du texte.


Dans sa préface, le cardinal Levada, préfet de la Congrégation, évoque la « mission délicate » que constitue l’appréciation des « cas de pseudo-mysticisme, d’apparitions prétendues, de visions et de messages attribués à une origine surnaturelle ».

Le cardinal préfet rappelle que le pape avait précisé en 2010 que : « La valeur des révélations privées est foncièrement diverse de l’unique révélation publique (…) Le critère pour établir la vérité d’une révélation privée est son orientation vers le Christ lui-même. »


Replaçant tout phénomène surnaturel dans cette perspective, le pape affirmait alors : « La révélation privée est une aide pour la foi, et elle se montre crédible précisément parce qu’elle renvoie à l’unique révélation publique. C’est pourquoi l’approbation ecclésiastique d’une révélation privée indique essentiellement que le message s’y rapportant ne contient rien qui s’oppose à la foi et aux bonnes mœurs. Il est permis de le rendre public, et les fidèles sont autorisés à y adhérer de manière prudente. Une révélation privée peut introduire de nouvelles expressions, faire émerger de nouvelles formes de piété ou en approfondir d’anciennes. Elle peut avoir un certain caractère prophétique (cf. 1 Th 5, 19-21) et elle peut être une aide valable pour comprendre et pour mieux vivre l’Évangile à l’heure actuelle. Elle ne doit donc pas être négligée. C’est une aide, qui nous est offerte, mais il n’est pas obligatoire de s’en servir. »

La Congrégation pour la doctrine de la Foi demande donc que l’existence du fait lui-même soit confirmée « par une enquête sérieuse », en tenant compte « des qualités personnelles du sujet », notamment son « équilibre personnel, son honnêteté, sa rectitude morale, sa docilité envers l’autorité ecclésiastique ». Il lui apparaît important que la révélation en cause est « conforme à la véritable doctrine » et « porte des fruits abondants » (prières, conversion œuvres de charité, etc.…).


À l’inverse, la Congrégation met en garde contre l’affirmation d’éventuelles erreurs doctrinales, voire « une recherche du profit matériel », sans oublier, chez le sujet, d’éventuels « désordres psychologiques, psychotiques ou pathologiques de nature à influencer l’éventuel phénomène surnaturel ».


La Congrégation romaine reconnaît tout pouvoir d’appréciation à l’évêque local, sachant que la conférence épiscopale, voire la congrégation elle-même, peuvent se saisir d’une telle affaire, mais uniquement au titre de la subsidiarité lorsqu’elle apparaît nécessaire. Par exemple lorsqu’« une large partie de l’Église est concernée ».

Au total, la publication multilingue de ce document confirme la prudence traditionnelle de l’Église en matière d’apparitions présumées et de révélations privées, se gardant de tout enthousiasme prématuré et renvoyant à l’autorité ecclésiastique locale une juste appréciation de ces phénomènes.

C’est en se fondant sur de tels critères que la commission nommée par Benoît XVI pour évaluer l’authenticité des apparitions de Medjugorje, et présidée par le cardinal Ruini, ancien vicaire général pour le diocèse de Rome, présentera son rapport fin 2012.


Cette commission avait été créée en mars 2010 pour faire le point sur les « phénomènes » de Medjugorje où six personnes affirment avoir des apparitions de la Vierge depuis le 24 juin 1981. La conférence épiscopale de Yougoslavie, réunie à Zadar du 9 au 11 avril 1991, avait adopté une déclaration précisant notamment que, « sur le fondement des recherches effectuées jusqu’à présent, on ne peut affirmer le caractère surnaturel de ces apparitions ou révélations ».

 

Alors que beaucoup se plaignent du trop grand nombre de béatifiés, cette mise au point vient à temps même si les propositions faites relèvent du bon sens vu que rien n’est plus difficile que d’attester un phénomène surnaturel qui souvent ne se révèle qu’à une personne précise. D’autre part, le Christ n’a pas besoin de tel phénomène pour se manifester. Il s’exprime avant tout dans les cœurs et son appel est toujours individuel.

 

L’Eglise a donc raison de se montrer méfiante d’autant que nombreux sont les phénomènes surnaturels qui se sont révélés être de la supercherie come les manifestations divines au travers de la buée d’une fenêtre, d’une tartine ou d’une bougie… 

 

 

 

09:54 Écrit par Daniel

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