11/05/2012

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MGR FELLAY TANCE TROIS DE SES EVEQUES

 

Le site traditionnaliste Riposte catholique a rendu public un échange de lettres entre le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), Mgr Bernard Fellay, et les trois autres évêques ordonnés par Mgr Lefebvre en 1988, soulignant les fortes tensions qui traversent le mouvement intégriste à propos du rapprochement avec Rome : « Nous vous en conjurons : n’engagez pas la Fraternité dans un accord purement pratique », lancent Mgr de Galarreta, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr Williamson qui avait déjà défrayé la chronique, dans une lettre datée du 7 avril dernier.

 

Selon eux, « depuis Vatican II, les autorités officielles de l’Église se sont séparées de la vérité catholique, et aujourd’hui elles se montrent tout aussi déterminées que toujours de rester fidèles à la doctrine et pratique conciliaires ». Les discussions menées avec la Congrégation pour la doctrine de la foi, le Préambule doctrinal remis par le cardinal Levada et la dernière rencontre d’Assise en sont, pour eux, « des exemples éclatants ».

 

« C’est toute la fantaisie subjective de l’homme à la place de la réalité objective de Dieu. C’est toute la religion catholique soumise au monde moderne », écrivent-ils, condamnant donc tout accord qui « ferait nécessairement taire progressivement, de la part de la Fraternité, toute critique du concile ou de la nouvelle messe ».

 

Estimant que Mgr Fellay conduit « la Fraternité à un point où elle ne pourra plus rebrousser chemin, à une profonde division sans retour et, si vous aboutissez à un tel accord, à des puissantes influentes destructrices qu’elle ne supportera point », ils demandent à Mgr Fellay de ne pas accepter d’accord avec Rome.

 

« À vous lire, on se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Église visible dont le siège est à Rome est bien l’Église de Notre Seigneur Jésus-Christ », s’interroge Mgr Fellay dans la réponse au ton très dur qu’il a adressée le 14 avril aux trois évêques. « Pour vous Benoît XVI est-il encore pape légitime ? », leur lance-t-il.

 

Pour le supérieur général de la FSSPX, « la solution de la prélature personnelle proposée n’est pas un piège ». Il faut absolument prendre en compte les évolutions de Benoît XVI « en faveur de la Tradition », la situation actuelle étant différente de celle de 1988 qui a poussé Mgr Lefebvre à la rupture avec Rome.

 

« Prétendre que rien n’a changé est une erreur historique. Les mêmes maux font souffrir l’Église, les conséquences sont encore plus graves et manifestes qu’alors ; mais en même temps on peut constater un changement d’attitude dans l’Église, aidé par les gestes et attitudes de Benoît XVI envers la Tradition. »

 

« Ce mouvement nouveau, né il y a au moins une dizaine d’années, va se renforçant. Il touche bon nombre (encore une minorité) de jeunes prêtres, de séminaristes et même déjà un petit nombre de jeunes évêques qui se distinguent nettement de leurs prédécesseurs, qui nous disent leur sympathie et leur soutien, mais qui sont encore passablement dominés par la ligne dominante dans la hiérarchie en faveur de Vatican II. »

 

Pour Mgr Fellay, « cette hiérarchie est en perte de vitesse » : « cela est objectif et montre qu’il n’est plus illusoire de considérer le combat “intra muros” ». « J’ai pu constater à Rome combien le discours sur les gloires de Vatican II que l’on va nous ressasser, s’il est encore dans la bouche de beaucoup, n’est cependant plus dans toutes les têtes. De moins en moins y croient. »

 

Il conclut en condamnant l’attitude des trois autres évêques vis-à-vis de lui : « Depuis un certain temps déjà, vous essayez – chacun de manière différente – de lui imposer votre point de vue, même sous forme de menace, et même publiquement. » une attitude, affirme-t-il, « qui a été dure pour nous ».

 

Voilà une lettre qui en dit long sur le futur de l’Eglise et des intentions du pape, soit un durcissement progressif et donc une exclusion accrue des homosexuels alors qu’à l’inverse la société semble leur ouvrir de plus en plus ses bras. Cependant, on constate également que l’extrême droite progresse partout en Europe comme le démontre les dernières élections présidentielles françaises.

 

Une récente étude atteste aussi que malgré les progrès des droits homosexuels dans plusieurs pays dont la Belgique où des mesures significatives vont être prises contre l’homophobie, les mentalités évoluent relativement peu. La mort récente d’un jeune gay à Liège en est un exemple. 

 

 

 

 

Mgr Lefebvre

 

 

FRANCOIS HOLLANDE, FUTUR CHANOINE DE LA BASILIQUE DE SAINT JEAN DE LATRAN ?

 

Comme le veut la tradition, le chapitre de la basilique Saint-Jean-de-Latran a invité le nouveau chef de l’Etat français à prendre possession de son titre de chanoine d’honneur. La lettre de félicitation et d’invitation a été officiellement signée le 8 mai et sera transmise à François Hollande par voie diplomatique.

 

Beaucoup imagine qu’il choisira, comme François Mitterand dont il fut un des conseillers en 1981, de ne pas effectuer cette démarche symbolique. L’homme est viscéralement laïc. Parmi les propositions de son programme figure l’engagement « d’inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution ».

 

D’autre part, ce serait aussi une manière de marquer sa rupture avec Nicolas Sarkozy qui avait profité de cette invitation à la basilique Saint-Jean-de-Latran pour être reçu en audience par Benoît XVI le 20 décembre 2007.

 

A cette occasion, il avait développé sa vision d’une « laïcité positive » qu’a critiqué François Hollande dans une lettre au Comité national d’action laïque et lors de son discours à Limoges lorsqu’il contrecarra les propres termes de l’ancien président en expliquant que son parti ne dirait jamais « que le prêtre ou le pasteur a une autorité supérieure à l’instituteur et au maître ».

 

Depuis l’époque carolingienne et Pépin le Bref, la France, « Fille aînée de l’Eglise », est étroitement liée à l’histoire de la cathédrale de Rome, Saint-Jean-de-Latran, et à celle de son chapitre. Après son abjuration du protestantisme (1593) et la reprise des relations entre la France et le Saint-Siège, Henri IV décida de faire don au Latran de l’abbaye bénédictine de Clairac (Lot-et-Garonne) et de ses revenus.

 

En signe de gratitude, le chapitre du Latran éleva une statue à celui que l’on surnommait le « Vert Galant » et attribua au roi le titre de « premier et unique chanoine d’honneur » de la basilique.  C’est ainsi que chaque année, à la date anniversaire de sa naissance (13 décembre), est donnée une messe « pro felici statu Nationis Galliiae », une messe pour la France. Depuis Henri IV, tous les chefs d’Etat français reçoivent ce titre de chanoine d’honneur.

 

Attaché aux symboles et à la simplicité de sa fonction, le nouveau Président de la République va certainement refuser cet honneur un peu suranné et privilégier notamment les droits des homosexuels plutôt malmenés sous l'ère sarkozienne.  

 

 

 

10:49 Écrit par Daniel

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