11/04/2012

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AUTRICHE : LE CARDINAL SCHONBORN AUTORISE UN GAY A FAIRE PARTIE D’UN CONSEIL PASTORAL MALGRE L’OPPOSITION DE SON CURE 

Florian Stangl a 26 ans, vit à Stützenhofen et partage sa vie avec un compagnon dans le cadre d’une union civile. Malgré son élection à une grande majorité des voix au conseil pastoral de sa paroisse, son curé lui a demandé de renoncer à ce poste et à la communion parce qu’il vit avec un autre homme.

Après avoir déclaré que vivre dans la chasteté ne lui semblait pas réaliste, il a demandé une audience au cardinal Schönborn qui l’a invité avec son compagnon. 

Suite à la rencontre, le cardinal a déclaré : « Il y a beaucoup de membres des conseils pastoraux de paroisse dont le style de vie n’est pas en totale conformité avec les idéaux de l’Église », reconnaissant avoir été très impressionné par leur engagement à vivre une vie de foi.

 

« D’abord, j’ai compris, en discutant avec lui, pourquoi la communauté lui a donné de nombreuses voix, car il est vraiment extrêmement impressionnant de par sa foi. Secundo, je sais que sa manière d’être est problématique au regard des règles, mais je m’en porte garant. Je pense que ce jeune homme est à la bonne place, et je prends sur moi de couvrir l’affaire. ».

 

Il a cependant reconnu qu’une erreur formelle avait été faite, car en théorie, tous les candidats aux conseils pastoraux doivent signer une déclaration dans laquelle ils affirment leur adhésion à la foi et à la discipline de l’Église catholique. Or nulle demande n’avait été faite.

Cette autorisation redonne un peu d’espoir à ceux qui se sentent exclu de l’Eglise catholique du fait de leur homosexualité. D’autre part, que ferait l’Eglise catholique sans les laïcs à l’heure d’une désertion accélérée ? Pas grand-chose. Mieux vaut donc les préserver.

 

 

 

BELGIQUE : L’EVEQUE D’ANVERS ENCOURAGE LA PRETRISE D’HOMMES MARIES

Dans un entretien au journal belge néerlandophone De Standaard, Mgr Bonny évoque la question de l’ordination d’hommes mariés : « Je crois en la valeur du célibat sacerdotal. Je ne la remets pas en question. Dans une société de consommation comme la nôtre, où la sexualité est parfois banalisée, le célibat des prêtres peut revêtir une valeur particulière en tant que signe prophétique. Mais j’aimerais également ordonner prêtre des hommes mariés si c’était possible ».

 

Selon lui, les prêtres mariés peuvent être un enrichissement pour le service pastoral. Il rappelle que l’ordination des hommes mariés existe déjà dans les Églises orientales rattachées à Rome, comme en Ukraine ou en Roumanie. Et que l’Église catholique accepte les hommes mariés qui étaient pasteurs dans l’Église protestante avant de se convertir au catholicisme. 

 

En revanche, il estime que la question de l’ordination de femmes est plus complexe. « Ordonner ou non des hommes mariés, c’est une question de droit canonique. L’ordination de la femme est un dossier aux conséquences théologiques ».

 

En revanche, il estime que « les femmes demandent, à juste titre, plus d’implication. Dans la mesure du possible, j’essaie de nommer des femmes engagées à des postes à responsabilités ».

Il doit probablement aussi savoir qu’au début de l’ère chrétienne des unions entre hommes existaient aussi.

Dans le monastère Sainte-Catherine situé sur le Mont Sinaï une icône représente deux saints chrétiens, Serge et Bacchus, martyrs du 4ème siècle, habillés en vêtements de cérémonie, en train de se marier. Leur «pronubus» (témoin de leur mariage) n’est autre que le Christ.

Le plus ancien texte en grec à leur sujet les décrit comme «erastai» (amants). Au 6ème siècle, le théologien chrétien orthodoxe Sévère d'Antioche expliquait déjà qu’«il ne faut pas séparer dans le discours ceux (Serge et Bacchus) qui ont été joints dans la vie». Dans le récit de leur vie écrit au 10ème siècle, Saint-Serge est décrit comme le «gentil compagnon et amant» de Saint-Bacchus.

Il y a vingt ans, dans sa thèse intitulée Le mariage de même sexe dans l’Europe pré-moderne, John Richard Boswell, historien à l'université de Yale, décrivait déjà les organisations dédiées au mariage homosexuel, l’existence d’un ordre crée pour unir les hommes, et de quelle manière les prêtres bénissaient ces unions.

Au 14ème siècle, il existait en Serbie un «office des unions de même sexe» qui mariait aussi bien deux hommes que deux femmes. On demandait au couple de poser la main droite sur l'Evangile pendant que chacun tenait une croix dans la main gauche. Après avoir embrassé l'Evangile, le couple échangeait un baiser, puis le prêtre célébrait l'eucharistie, avant de les faire communier.

En France, à la fin du Moyen-Âge, existait un contrat «d'affrèrement» qui ne pouvait être signé qu'entre deux hommes. Ces «pacs médiévaux» devaient être conclus devant un notaire et des témoins. Ils étaient destinés aux hommes qui se promettaient de vivre ensemble et qui partageaient «le pain, le vin, et la bourse», en référence à la communauté de biens. Selon John Richard Boswell, on recense des unions homosexuelles chrétiennes jusqu'au 18ème siècle.

Rien n’empêcherait l’Eglise d’accepter le système à nouveau. Cependant, ce n’est pas la première fois que l’Eglise perd la mémoire quand ça l’arrange. Le problème théologique pourrait être levé dès lors que la jurisprudence existe déjà.

 

 

11:49 Écrit par Daniel

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