22/02/2012

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CHRISTIAN VANNESTE ET LA DEPORTATION DES HOMOSEXUELS

 

Selon le député UMP Christian Vanneste, dans un entretien diffusé sur le site libertépolitique.com : "Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés, mais il n'y en a pas eu ailleurs. En dehors des trois départements annexés, il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France".  Il rappelle, citant Patrick Buisson, que la moitié des intellectuels français qui ont "présenté leurs hommages à M. Goebbels" étaient des homosexuels. Il cite aussi Abel Bonnard, ministre de l'Education du gouvernement Pétain, surnommé "Gestapette" pour son homosexualité et ses liens avec les nazis.

Habitué de propos contre les gays, il semble que cette fois-ci la ligne rouge a été franchie, à tel point que l'UMP a prévu de l’exclure de ses rangs, sans doute aussi pour éviter des problèmes avec la justice qui tomberait très mal en période électorale.

De son côté, le député a parlé d'un phénomène « complètement disproportionné », avant d'ajouter que : « C'est le lobby gay qui fait la polémique ». Député du Nord, il a aussi affirmé que si on lui démontrait qu'il y avait bien eu des homosexuels déportés hors des départements annexés, il ferait amende honorable : « Si je me suis trompé, je serai le premier à m'excuser. »  Quant à une éventuelle exclusion de l'UMP : « En quoi le fait d'énoncer des faits peut vous exclure d'un parti ? [...] Je commence à avoir de sérieux doutes sur le fait que l'UMP est un parti qui fonctionne bien. [...] Je me sens enlisé et je me demande ce que je fous là avec ces gens-là. »

L'historien Mickael Bertrand, qui a travaillé sur la déportation des homosexuels, soutient dans une dépêche AFP qu'il y a eu entre 5 000 et  15.000 déportés dans toute l'Europe. Il recense 62 déportés français dont 22 arrêtés en Alsace-Moselle, 32 au sein du Reich, un dans un lieu indéterminé et sept en zones occupés. Selon lui, "On n'a pas la preuve réelle que ces personnes ont été arrêtées en raison de leur sexualité". Reste que plusieurs ouvrages de déportés homosexuels témoignent du calvaire qu’ils ont vécu dans les camps.

Pour rappel, en 2008, une rue de Toulouse a été inauguré en hommage à Pierre Seel, seul Français à avoir obtenu le titre de déporté suite à la répression de l'homosexualité par le régime nazi en Alsace annexée. D’autre part, depuis une dizaine d’années les langues se délient et les actes commémoratifs se multiplient. Des monuments et plaques ont été inaugurés à Amsterdam, Berlin, Bologne, La Haye, Francfort, Cologne, Anchorage, Sydney, San Francisco, Dachau et Buchenwald.

Gratuitement blessant par rapport aux anonymes de tout bord qui ont souffert dans les camps, les propos du député - il devait se douter que le sujet ferait polémique – relève davantage de la bêtise que de la vérité en se rapprochant des thèses négationnistes d’une certaine extrême droite.

 

 

17:02 Écrit par Daniel

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