27/01/2012

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VATICAN : MULTIPLICATION DES REUNIONS DU CONSEIL DES MINISTRES POUR EVITER LES DERAPAGES

Traditionnellement, les papes ne réunissent que rarement leurs ministres, préférant les rencontrer en tête-à-tête. Trop peu, selon une bonne partie des chefs de dicastère actuels, qui, par ailleurs, prennent rarement, entre eux, l’initiative d’échanges d’information avec leurs collègues.

Ces derniers temps, Benoît XVI a réuni ses ministres sur un rythme semestriel : le 12 novembre 2010, puis le 13 juin 2011. Ce samedi 28 janvier se tiendra, au Vatican, une nouvelle réunion « interdicastérielle » convoquée par le pape. À l’ordre du jour, un thème toujours sensible à Rome : la communication interne et les modalités de publication des textes officiels.

Cette responsabilité est éclatée entre plusieurs personnes et instances : la salle de presse, Radio Vatican et la télévision vaticane CTV (toutes sous la responsabilité de leur directeur commun, le P. Federico Lombardi) ; la Secrétairerie d’État qui, sous la houlette du cardinal Tarcisio Bertone, doit coordonner le gouvernement du pape ; le quotidien L’Osservatore Romano, dirigé par Giovanni Maria Vian ; le Conseil pontifical pour les communications sociales, dont le président, Mgr Claudio Maria Celli, travaille à l’articulation des nombreux sites Internet du Vatican.

Et chaque dicastère, laissé souvent libre de ses propres interventions médiatiques. D’où, récemment, plusieurs dysfonctionnements mineurs qui ont pu laisser une impression de flottement.

Ainsi, le 24 octobre 2011, une note du Conseil pontifical Justice et Paix proposant la création d’une autorité publique mondiale, afin de remédier à la crise financière, avait reçu un accueil mitigé au sein de la Curie.

Il semble que ce document, qui n’était pas signé du pape, n’ait pas été validé par la Secrétairerie d’État. Faisant machine arrière, Mgr Mario Toso, secrétaire de ce Conseil pontifical, a mis en garde, le 24 janvier 2012, contre les effets pervers d’une telle autorité financière mondiale.

Le 16 janvier dernier, Mgr Brian Wells, assesseur de la Secrétairerie d’État, a répondu au dominicain bolognais Giovanni Cavalcoli, qui s’insurgeait contre la pièce de Romeo Castelluci, Sur le concept du visage du Fils de Dieu, représentée à Milan.

Son courrier manifestait un soutien mesuré du pape aux protestataires, mais sans tenir compte de la position du diocèse de Milan, plus argumentée. Le P. Lombardi a dû alors intervenir pour manifester la cohérence du Vatican avec Milan.

Gageons que cette réforme empêche de nouveaux dérapages. Reste que sur le fond, le Vatican est toujours aussi exigeant, sans doute trop du point de vue moral.

 

  

VATICAN : LE NUMERO DEUX ECARTE ?

Le 25 janvier dernier, la chaîne italienne « La7 », a diffusé des lettres au pape et au Secrétaire d’État signées de Mgr Carlo Maria Vigano, ancien « numéro deux » de l’État du Vatican, qui aurait été écarté de Rome pour avoir dénoncé la gabegie et la corruption dans la gestion du plus petit État du monde.

Le prélat italien y fait part de sa consternation devant la situation « désastreuse » trouvée à son arrivée au Gouvernorat en juillet 2009. Il voit son déplacement à la nonciature à Washington comme une « punition ».

« Lorsque j’ai accepté la charge au Gouvernorat le 16 juillet 2009, je n’aurais jamais pensé être confronté à une situation aussi désastreuse », indique le prélat italien le 4 avril 2011. Il pointe du doigt ses prédécesseurs, mais aussi des banquiers italiens constituant un Comité de finance et de gestion, parmi lesquels l’actuel directeur de l’Institut pour les œuvres de religion, Ettore Gotti Tedeschi. Privilégiant leurs intérêts plutôt que ceux du Vatican, ils auraient fait perdre à l’Etat plus de 2 millions de dollars en décembre 2009.

Dans ses missives, Mgr Vigano n’hésite pas à dénoncer aussi la gestion des services techniques, qui présentent « des cas évidents de corruption ». Il évoque les travaux toujours adjugés aux mêmes entreprises, à des tarifs deux fois plus élevés que ceux pratiqués hors du Vatican. Toujours selon la presse italienne, les mesures d’assainissement prises par Mgr Vigano auraient permis au Gouvernorat de passer d’un déficit de 8 millions d’euros en 2009 à un excédent de 34,4 millions d’euros l’année suivante.

Avant de partir pour Washington, le 7 juillet 2011, Mgr Vigano a écrit au pape qu’il regrettait devoir quitter sa charge au Gouvernorat. Il compare son départ à « un verdict de condamnation de son travail et donc une punition ». Il fait part de sa douleur d’apprendre que Benoît XVI le considère comme « coupable d’avoir créé un climat négatif au Gouvernorat, en rendant les relations entre la Secrétairerie générale et les responsables des services de plus en plus difficiles ». Un jugement qui « ne correspond en rien à la réalité », souligne le nouveau nonce aux Etats-Unis.

Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI s’est attaché à assainir la gestion de l’Église, dans plusieurs secteurs touchés par des pratiques incorrectes. Ces secteurs aux patrimoines importants et sensibles (Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Institut pour les Œuvres de religion, Cité du Vatican) ont été confiés à des prélats, ou des laïcs, réputés de confiance.

Obéissant à l’adage connu à Rome, « Promoveatur ut amoveatur » (« Promu pour être écarté »), le prélat a été nommé par Benoît XVI, le 19 octobre 2011, nonce apostolique à Washington, le poste le plus prestigieux de la diplomatie pontificale.

Sur le plateau de « La7 », Giovanni Maria Vian, directeur de L’Osservatore Romano, a tant bien que mal tenté d’expliquer la situation. Les nombreux acteurs de ces dossiers sont en attente de clarification.

Aujourd’hui, alors que Twitter, Facebook et les smartphones ont considérablement « bousté » l’information, il devient de plus en plus difficile de faire taire les rumeurs qui l’espace d’une minute parcourent le monde entier. Ca promet. Cependant, vu la situation difficile de l’Italie et de nombreux Etats, la transparence semble être le mot d’ordre général.

 

 

 

VATICAN : UN SITE EN FRANCAIS

Le site d’informations du Vatican sera très bientôt disponible en français. Lancé en juin 2011 par le Conseil pontifical pour les Communications sociales, le site news.va est actuellement disponible, également sur iPhone, en anglais, espagnol et italien.

Mgr Claudio Maria Celli, qui préside ce Conseil, affirme que, chaque jour, 8 000 à 10 000 visiteurs viennent s’y informer sur l’actualité du Saint-Siège, avec des pointes jusqu’à 16 000 visiteurs quotidiens, notamment pendant la période de Noël.

Il a aussi annoncé que le site devrait être disponible dans les jours à venir en français et dès le mois prochain en portugais.

Les visiteurs viennent de 180 pays. Les États-Unis arrivent en tête, avec 27 % des connexions. En Europe, le plus grand nombre de visiteurs vient d’Italie, d’Allemagne et d’Espagne. Le Canada et le Brésil les suivent de près, puis le Mexique et l’Argentine. Enfin, Mgr Celli a souligné le rôle des réseaux sociaux dans l’accès au site : 65 % des entrées se font via Facebook, et 30 % par Twitter. Informons, informons,…

 

 

MGR WILLIAMSON REFAIT PARLE DE LUI

 « Je préfère être un schismatique sédévacantiste qu’un apostat romain » : c’est par ces mots que l’évêque intégriste Richard Williamson, membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), termine la dernière livraison de sa lettre d’information hebdomadaire Commentaire Eleison diffusée samedi 21 janvier.

Il s’agit là de la première prise de distance officielle d’un responsable de la FSSPX avec la ligne d’ouverture et de dialogue avec Rome impulsée par son supérieur général, Mgr Bernard Fellay.

Dans sa lettre d’information, Mgr Williamson retourne notamment le principal argument de ceux qui prônent un retour de la Fraternité dans le giron romain en soulignant que le fait pour la FSSPX de rester plus longtemps hors de l’Église risquerait de la mener à une mentalité schismatique et à un sédévacantisme pratique (les sédévacatistes estiment que, depuis Paul VI au moins, les papes n’ont pas été validement élus et que le Siège de Pierre est vacant).

À ces partisans du retour à Rome au nom du risque d’affaiblissement de l’appartenance ecclésiale, l’évêque britannique rétorque qu’il y a « un plus grand risque encore que d’acquérir une mentalité schismatique qui est celui de contracter la maladie mentale et spirituelle des Romains d’aujourd’hui en s’approchant trop près d’eux ».

Plus loin, l’évêque, qui dès le début constatait que les discussions doctrinales menées entre 2009 et 2011 entre la FSSPX et Rome avaient souligné « un désaccord doctrinal radical », dénonce « la fascination » exercée par les palais romains sur ceux qui les fréquentent. « La fascination de ces lieux sacrés ne vient pas tant du charme des officiels que du sens que ces salles dégagent de 2000 ans d’histoire de l’Église, souligne-t-il. Est-ce la fascination du ciel ? De l’enfer ? En tout cas, la simple atmosphère du Vatican séduit les visiteurs et apprivoise leurs volontés. »

Mgr Williamson est bien connu pour ses déclarations incendiaires : le 21 janvier 2009, alors que le pape allait lever l’excommunication qui le frappait depuis son ordination illicite en 1988 par Mgr Lefebvre, il avait ainsi tenu des propos négationistes à la télévision suédoise. Mgr Fellay l’avait alors démis de ses fonctions de supérieur du séminaire argentin de la FSSPX et envoyé à Londres où il lui était interdit de s’exprimer officiellement.

Depuis lors, il n’a pas cessé de diffuser sa lettre Commentaire Eleison, contrairement aux instructions de Mgr Fellay qui, devant ce refus, ne l’avait pas invité à la rencontre début octobre à Albano, près de Rome, où les responsables de la FSSPX ont discuté du Pr2ambule doctrinal présenté le 14 septembre à Rome.

Dans une lettre, Mgr Fellay l’avait également menacé, s’il persistait à refuser de garder le silence, du « démarrage de la procédure canonique menant à (son) exclusion de la FSSPX ».

On a du mal à croire qu’il prenne le Christ en exemple tant son attitude est peu humaniste.

 

17:07 Écrit par Daniel

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