30/12/2011

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7 NOUVEAUX FUTURS SAINTS ET 71 BIENHEUREUX

Le pape a approuvé la signature de décrets de la Congrégation des causes des saints concernant sept futurs saints et 71 futurs bienheureux.

 

Parmi les futurs saints figurent : le jésuite français Jacques Berthieu (1838-1896); le Père Louis Brisson (1817-1908); la Mère Saint-Louis (1763-1825); Giovanni-Battista Piamarta (1841-1913), prêtre italien, fondateur de la congrégation de la Sainte-Famille de Nazareth et de celle des Humbles Servantes du Seigneur ; Maria du Mont-Carmel (1848-1911), religieuse espagnole, fondatrice des Sœurs de l’Immaculée-Conception missionnaires de l’enseignement ; Marianne Cope (1838-1918), religieuse allemande des Sœurs du Tiers-Ordre franciscain de Syracuse, au service des lépreux d’Hawaï et connue sous le nom de Mère Marianne de Molokai ; Kateri Tekakwitha (1656-1680), laïque, première Indienne d’Amérique du Nord à avoir été béatifiée, en 1980 ; Pedro Calungsod (1654-1672), laïc philippin, martyr à Guam (Îles Marianne) ; Anna Schäffer (1882-1925), laïque allemande, mystique.  

Le pape a également autorisé la Congrégation des causes des saints à promulguer des décrets reconnaissant des miracles attribués à l’intercession de cinq serviteurs de Dieu, qui seront prochainement béatifiés.

Parmi eux figurent deux Français : le P. Louis Brisson, né en 1817 à Plancy (Aube) et mort en 1908, fondateur des Oblats et Oblates de saint François de Sales, et Mère Saint-Louis (Marie Louise Élisabeth de Lamoignon), née à Paris en 1763 et morte à Vannes (Morbihan) en 1825, fondatrice des Sœurs de la Charité de saint Louis (comtesse Molé de Champlâtreux était la mère du comté Molé, premier ministre de Louis-Philippe). 

 Les autres futurs bienheureux sont : le P. Luigi Novare (1914-1984), prêtre italien, fondateur de la Pieuse union des Œuvres silencieuses ; Mère Maria Luisa (1799-1847), bénédictine italienne, abbesse du monastère de Trevi (Ombrie) ;  Sœur Maria Crescenzia (1897-1932), religieuse chilienne de la congrégation des Filles de Marie Très Sainte du Jardin. 

Benoît XVI a également autorisé la reconnaissance du martyr de 66 serviteurs de Dieu, qui seront également béatifiés prochainement : le P. Nicola Rusca, prêtre suisse, né dans le Tessin en 1563 et tué en 1618 par des protestants ; le Frère Luis Orenzio et ses 18 compagnons Frères des écoles chrétiennes, le P. Antonio Salamero, prêtre diocésain, et José Gorostazu Labayen, tués en 1936 dans le diocèse de Madrid ; le carme Alberto Maria Marco y Aleman et ses neuf compagnons et Agostino Maria Garcia Tribaldos et ses 15 compagnons Frères des écoles chrétiennes, tués entre 1936 et 1937 dans le diocèse de Madrid ;  Mariano Alcala Perez et ses 18 compagnons de l’ordre de Notre-Dame de la Merci, tués dans le diocèse de Lleida (Espagne) entre 1936 et 1937.  

Enfin, ont été signés des décrets reconnaissant les vertus héroïques de neuf serviteurs de Dieu dont la reconnaissance d’un miracle attribué à leur intercession sera nécessaire avant leur béatification. Parmi eux figurent deux Français :   le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, né à Gua (Aveyron) en 1894 et mort à Vénasque (Vaucluse) en 1967, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie, et Mère Alphonse-Marie, née en 1814 à Niederbronn (Bas-Rhin) et morte en 1867, surnommée « l’extatique de Niederbronn » elle est la fondatrice des Sœurs du Très Saint Sauveur. 

Les autres serviteurs de Dieu dont les vertus héroïques ont été reconnues sont :   le P. Donato Giannotti (1828-1914), fondateur des Sœurs servantes de l’Immaculée ; Mère Marguerite-Lucie Szewczyk (1828-1905), religieuse polonaise, fondatrice des Filles de la bienheureuse Marie des Douleurs (dites Sœurs séraphiques) ; Mère Assunta Marchetti (1871-1948), religieuse italienne, fondatrice des Sœurs missionnaires de saint Charles ; Sœur Maria Julitta (1882-1966), religieuse allemande des Sœurs du Rédempteur ;  Maria Anna Amico Roxas (1883-1947), laïque italienne, fondatrice de la Société Sainte-Ursule. 

Si ces nominations arrivent tardivement au regard de la désignation record de Jean-Paul II, es-ce nécessaire d’en nommer autant ? Il va falloir adapter des calendriers déjà très chargés...

 

Jacques Berthieu

 

 

DES MAGES VENUS DE CHINE ?  

Un manuscrit syriaque mis en évidence par un chercheur américain rapporte une autre tradition sur les mages venus visiter Jésus à Bethléem. Selon ce texte, les mages étaient plus de trois et venaient de Chine. 

Docteur en théologie de l’université Harvard et professeur assistant d’études bibliques à l’université d’Oklahoma, Brent Landau a travaillé pendant deux ans sur La Révélation des Mages, un texte syriaque du VIIIe siècle oublié pendant 250 ans dans les Archives du Vatican. 

 

Sur les rois mages venus visiter Jésus à Bethléem après la Nativité, l’Évangile de Matthieu, seule source biblique sur le sujet, n’apporte ici que peu de renseignements, se bornant à évoquer « des mages venus d’Orient », sans préciser ni leur nombre ni leur origine. 

 

C’est la tradition qui fixera plus tard leur nombre à trois, les couronnera rois avant de les faire venir de Perse. Le texte syriaque précise aussi que les rois mages n’auraient pas été trois, mais « une multitude ». Et ils ne venaient pas de Perse mais de « Shir », un pays identifié aujourd’hui avec la Chine. 

Les mages auraient alors attendu des milliers d’années la venue de cette étoile qui les aurait ensuite guidés vers une grotte de Bethléem où elle se serait changée en enfant les appelant à rentrer chez eux pour prêcher l’Évangile.

 

Surtout, le texte décrit avec minutie les rituels des mages, adeptes de la prière silencieuse. « Il y a de nombreux détails sur leurs rituels et leur prière silencieuse, raconte Brent Landau. Il décrit une montagne sacrée et des rites de purification à une source sacrée. »

 

Le chercheur, spécialiste des textes apocryphes, ne met cependant pas ce texte au même niveau que l’Évangile de Matthieu mais  celui d’un admirateur qui, fasciné par les mages, aurait créé et développé l’histoire.

 

Dérivé de l’araméen, le syriaque était notamment la langue de l’Église assyrienne d’Orient qui, aux VIIe et VIIIe siècles avait évangélisé jusqu’en Chine.

On ne soulignera jamais assez les dégâts causés par les évangiles apocryphes comme les nombreuses approximations des évangiles. On aurait tant appréciés que le Christ laisse un écrit, de sa propre main, mais nous sentirions nous aussi libre, aussi respecté comme créature de Dieu, aussi comparable et imparfait que ses compagnons de route ?

 

  

L’EVEQUE DE RATISBONNE, FUTUR PREFET DE LA CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI ET LA THEOLOGIE DE LA LIBERATION

Dans « L’Osservatore Romano », l’évêque de Ratisbonne a précisé les conditions d’une « authentique théologie de la libération ». 

Cependant, selon les médias italiens, Mgr Gerhard Ludwig Müller, évêque de Ratisbonne (Allemagne), pourrait être prochainement nommé par Benoît XVI préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le cardinal américain William Levada, actuel préfet, âgé de 75 ans depuis le 15 juin dernier, pourrait bientôt remettre au pape sa démission.

Âgé de bientôt 64 ans, Mgr Müller, évêque de Ratisbonne depuis 2002 et théologien réputé, a travaillé à l’édition des Œuvres complètes de Joseph Ratzinger, dont il est personnellement proche. De 1998 à 2002, il a été membre de la commission doctrinale de la Conférence des évêques allemands. 

 Toutefois, certains mettent en cause sa proximité personnelle avec le dominicain péruvien Gustavo Gutierrez, l’un des fondateurs de la théologie de la libération.

C’est pourquoi la publication, le 22 décembre par L’Osservatore Romano, le quotidien édité par le Saint-Siège, d’un long texte signé de Mgr Müller, déjà publié dans le quotidien allemand Die Tagespost le 6 décembre, et précisant le regard de l’Église sur ce courant théologique, prend un relief particulier. 

 

À l’occasion du 25e anniversaire de l’insruction Libertatis conscientae, signée du cardinal Ratzinger sur la théologie de la libération, Mgr Müller manifeste son adhésion à l’analyse de l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, notamment quant à « la tendance à politiser la théologie et à réduire l’Église à une activité terrestre ». 

 

Mgr Müller retrace la constance avec laquelle le dicastère romain, déjà en 1984 et en 1986, avait voulu « empêcher les théologies de la libération de devenir des idéologies politiques et de perdre leur caractère théologique ». « Au bout du compte, de telles “théologies” n’étaient que la superstructure d’un projet marxiste. ». "L'Evangile en lui même est un message de liberté et de libération".

Insistant sur la pertinence de la doctrine sociale de l’Église et de son option préférentielle pour les pauvres, Mgr Müller explique que « l’Évangile en lui-même est un message de liberté et de libération », qui « exclut toute idéologie de l’auto-rédemption de l’homme ». Pour lui, « les Écritures manifestent que l’histoire de l’Alliance est une histoire de libération, avec une option toujours plus évidente de Dieu pour les pauvres, les souffrants, (…) portant en elle une éthique ».  

Appelant de ses vœux à « une authentique théologie de la libération », Mgr Müller exclut de « répondre à la violence par la violence, à la terreur par la terreur, à la privation de droits par la privation de droits » mais relève que « l’option préférentielle pour les pauvres, loin d’alimenter les conflits, surmonte les barrières entre les classes et fait de la solidarité, de la dignité humaine et de la subsidiarité les principes généralement valides de l’ordre social ».

 

Il conclut en confirmant que « la pratique libératrice des chrétiens, qui résulte de la libération du péché et de l’annonce de la grâce, vise le changement et l’amélioration des conditions de vie matérielle et sociale ». 

Tout le monde se souvient des images d’un Jean-Paul II sermonant du doigt le prêtre à l’origine de la théologie de la libération. On peut cependant remarquer des similitudes entre le christianisme et le marxisme, sans pour les confondre et ignorer la dimension laïque du marxisme.  

 

 

10:49 Écrit par Daniel

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