07/11/2011

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ROME : LE CARDINAL RAVASI ENCOURAGE LES PRETRES A UTILISER LES NOUVEAUX LANGAGES POUR CAPTER L’ATTENTION DES FIDELES

A l’occasion d’un cycle de conférences sur le thème « Parole en éclats, éclat de la Parole », organisé à l’Université pontificale grégorienne de Rome par le Centre Saint-Louis de France, le cardinal Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, a déploré le fait que la prédication soit devenue « incolore, inodore et sans saveur, au point d’être désormais tout à fait insignifiante ».

Devant près de 200 personnes venues l’écouter à l’Université pontificale grégorienne, le cardinal a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l’attention des fidèles mais surtout à ne pas craindre le « scandale » que crée la Parole, celle de la Bible en premier lieu.

« Nous devons retrouver cette dimension de la Parole qui offense, qui inquiète, qui juge » (…) « Nous devons donc retrouver à nouveau le scandale que crée la parole ». Il a cité la Bible dont la lecture peut « inquiéter et parfois déconcerter », ce qui est « indispensable » à ses yeux. « Les grands textes ne sont jamais seulement informatifs, mais aussi performatifs ».

Selon lui, les prédicateurs doivent « être conscient du fait que le public a désormais subi une sorte de révolution dans la communication ». (…) « L’information télévisée et informatique demande par exemple d’être incisif, de recourir à l’essentiel, à la couleur, à la narration, de se rendre compte que l’interlocuteur qui se trouve en face de vous a une nouvelle longueur d’onde ».

Il considère que la Bible « est paradoxalement l’un des textes les plus propices à ce type de langage : narrations, figures, symboles, images ». (…) « l’attention, qui est l’élément fondamental, en serait sûrement stimulée ».

Il a aussi cité le réseau Twitter qui, par la brièveté de ses messages, « oblige à donner quelque chose de fulgurant, d’essentiel ».

S’il a invité le public à « parcourir ces nouveaux canaux de communication », le cardinal a souligné que « le message religieux (avait) besoin de la noblesse de la parole ». « Il faut se battre pour ne pas accepter la dérive », a-t-il expliqué, constatant avec amertume qu’aujourd’hui, « les mots sont malades ».

Une homélie est souvent à l’image de son récitant. Pour ma part, j’ai assisté à de nombreuses homélies, tour à tour fougueuses, profondes, concrètes, imagées mais aussi hermétiques, exubérantes ou d’actualités.

Je me souviens principalement des superbes homélies du Cardinal Danneels ainsi que de la sublime profondeur de celles des Fraternités monastiques de Jérusalem dont les offices me mettent parfois en état second.

Côté moins, citons celles qui se détachent parfois un peu trop de la Parole en se référant principalement aux actualités, celles dont les auteurs sont à deux doigts de danser sur l’autel ou encore celles qui sont tellement inaccessibles qu’elles ratent leur objectif et en disent long sur la modestie de leur auteur.

Par conséquent, transmettre la parole demeure essentiel. Certains prédicateurs ont laissé leur nom dans l’histoire que ce soient le Curé d’Ars ou plus tristement Savonarole. Néanmoins, nous sommes loin de la transmission de la Parole qui au Moyen-âge ne se transmettait qu’aux travers des vitraux.

Si la transmission du message est importante, la réception l’est tout autant. La prédication du dimanche peut s’envisager d’une manière différente de celle de la semaine. On ne peut s’adresser de la même manière au public quasi conquis du dimanche à celui de la semaine, plus versatile, stressé, impatient et fatigué. D’autre part, demeurons compréhensif vis-à-vis des prêtres dont la charge de travail ne cesse de croître ainsi que la moyenne d’âge.

 




ETAT-UNIS : UN CONSEILLER HOMOPHOBE DE LA CONFERENCE DES EVEQUES CONTRAINT DE DEMISSIONNER

Si l’Eglise catholique attribue habituellement la source de l'homosexualité dans la fragilité de l'homme face au péché, elle cependant accueillante pour la « personne » homosexuelle. Néanmoins, certains penseurs catholiques font parfois preuve d’excès de zèle comme c’est le cas de Daniel Avila, juriste et conseiller auprès de la conférence américaine des évêques.

Ce dernier s’est fait remarqué récemment lors d'une tribune dans le plus ancien journal catholique des Etats-Unis, le «Boston Pilot». Selon lui, si l'on naît bien homosexuel, la source ultime de l'homosexualité est à chercher dans le satanisme :

«Les preuves scientifiques de l'origine de l'attraction entre personnes de même sexe fournissent une base crédible pour une explication spirituelle menant au diable, écrit-il. Chaque fois que surviennent des catastrophes naturelles, nous autres, gens de foi, retournons à ce que les Ecritures disent sur les anges qui se rebellent et tombent en disgrâce. Dans leur colère contre Dieu, ces mécontents investissent le monde afin de rechercher la ruine des âmes. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour abimer, pervertir et détruire ce qui a été fait de la main de Dieu.»

Si l’article a suscité l'indignation du milieu homosexuel, il a aussi causé un scandale au sein de l’épiscopat américain qui n’a pas accepté que l’on considère une partie de l'humanité comme le produit des manigances sataniques.

En conséquence, le «Boston Pilot» a fait retirer la tribune de son site internet et présenté ses excuses pour ne pas avoir identifié «l'erreur théologique» avant publication. Quant à Daniel Avila, il a fait acte de contrition, reconnaissant que «toutes les personnes sont créées à l'image de Dieu et ont une dignité inviolable». Il a aussi annoncé sa démission de la Conférence des évêques où il officiait à la «promotion et la défense du mariage».

C'est rassurant de constater une fosi encore que l'Eglise catholique n'est pas l'ennemie des gays. Elle s'efforce de plus en plus de les comprendre et de lui tendre la main, sans les caricaturer.

Si sur le terrain c'est encore plus évident, elle semble enfin comprendre qu'un médecin n'est pas un mauvais médecin parce qu'il est gay comme un chauffeur de taxi n'est pas moins professionnel parce qu'il n'a pas la foi. Il y autant de gays qu'il y a de personnalités sur terre.

 

  

19:52 Écrit par Daniel

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