08/09/2011

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AUTRICHE : 370 PRETRES LANCENT UN APPEL A LA DESOBEISSANCE

 

Un vent de rébellion souffle sur l'Église catholique autrichienne. Plus de 300 prêtres viennent de lancer un "appel à la désobéissance" dans lequel ils prônent le mariage des prêtres, l'ordination des femmes et d'autres réformes en contradiction avec l'enseignement de l'Église. Une initiative qui serait apparemment soutenue par 71,7% des Autrichiens.

 

Pousser Rome à réformer l'Église, tel est l'objectif poursuivi par les quelque 370 prêtres autrichiens qui ont déjà signé "l'appel à la désobéissance" lancé par le groupe "Pfarrer-Initiative".

 

Créé 2006 par le père Helmut Schüller, ancien vicaire général de Vienne et bras droit du cardinal Schönborn, ce groupe entend forcer à la hiérarchie à accepter officiellement des changements déjà entrés dans les faits. Ainsi, retrouve-t-on parmi ses revendications principales l'ordination des femmes et des personnes mariées, ainsi que d'autres réformes en contradiction avec l'enseignement de l'Église catholique.

 

Les prêtres contestataires s'engagent à donner la communion "aux divorcés-remariés, aux membres d’autres Eglises chrétiennes et à l’occasion à ceux qui ont quitté l’Eglise ». Et afin de faire face au recul des vocations, ils proposent de permettre aux pratiquants non ordonnés, hommes ou femmes, de prononcer des sermons et de diriger des paroisses.

 

Profondément  bouleversé par cette nouvelle, le cardinal Schönborn les a menacé de sanctions s’ils ne renonçaient pas à leur projet. "Cela ne peut pas continuer », a dit l'archevêque de Vienne au quotidien "Der Standard", comparant les signataires de cet appel à des joueurs de football qui entreraient sur le terrain en refusant les règles du jeu. Dans la revue diocésaine "Thema Kirche", il rappelle par ailleurs que "celui qui, en toute conscience, aboutit à la conclusion que Rome est sur une fausse piste » doit en tirer les conséquences et "ne plus cheminer avec l’Eglise catholique romaine ». « Mais je crois et j’espère que ce cas ne se produira pas ici », a-t-il ajouté.

 

Ces menaces ne semblent guère impressionner le chef de file de la révolte, le père Schüller, qui a déjà annoncé qu'il ne ferait pas machine arrière, affirmant que de nombreux prêtres ne respectent plus les règles établies. De source interne au diocèse, il n'existe pour l'heure »ni ultimatum, ni sanction » contre les prêtres, sauf "cas flagrant et extrême désobéissance ». Et l'on rappelle qu'il existe déjà des exceptions pour donner la communion aux divorcés remariés.

 

Cet appel à la désobéissance risque de mener à un schisme si l'Église catholique n'agit pas rapidement, met en garde le théologien Paul Zulehner, proche du cardinal Schönborn et du mouvement "Nous sommes l'Église", surtout que les contestataires bénéficient déjà d'un large soutien populaire.

 

Selon un sondage réalisé par l'institut Oekonsult, 71,7% des Autrichiens jugent "juste et adéquate » leur initiative, et 64,7% d'entre eux seraient prêts à signer leur appel à l'insubordination. Le théologien s'est déjà déclaré disponible pour une éventuelle médiation ? Car, si Rome compte se montrer inflexible sur le fond des revendications des prêtres en rébellion, le mot d'ordre est de préserver l'unité.

 

Inutile de dire que l’Eglise ne bougera pas d’un iota au vu de toutes les mises au point qui ont été faites ces dernières années même si l’hypocrisie demeure dans de nombreuses paroisses où la réalité du terrain toujours plus de la ligne officielle du Vatican. D’autre part, au vu de l’hémorragie de vocations que connaît l’Eglise suite aux affaires de pédophilies, la perte de 370 prêtres  est un luxe que l’Eglise ne peut vraiment pas se permettre.

 

Reste à savoir si ce mouvement de contestation va faire tâche d’huile dans le reste du monde. Pour ma part, j’en doute dans la mesure où c’est l’indifférence qui domine le domaine spirituel malgré un étonnant soutien populaire. J’imagine mal les gens descendre dans la rue pour défendre leur foi.

 

LES FRERES DARDENNE RECOMPENSES PAR LE VATICAN

 

Mgr Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical pour les communications sociales, a remis le prix Robert-Bresson aux cinéastes belges Jean-Pierre et Luc Dardenne pour l'ensemble de leur oeuvre.

 

Le prix est attribué, depuis l'an 2000, à l'occasion de la Mostra de Venise, par la Fondation italienne des entreprises du spectacle, en lien avec les Conseils pontificaux pour la culture et pour les communications sociales. Manoel de Oliveira, Giuseppe Tornatore, Krzystof Zanussi, Wim Wenders avaient déjà reçu cette distinction, en raison de leur réalisation « tournée vers la recherche du sens spirituel de la vie ».

 

Cette année, ce sont les frères Dardenne qui sont en grâce auprès du Vatican. Leur travail est, pour Mgr Celli, « une véritable parabole de rédemption ». « À notre époque où le cinéma fait prévaloir les effets spéciaux spectaculaires, l'oeuvre des frères Dardenne, continue-t-il, me semble contenir en son sens le plus profond l'idée d'un cinéma qui met le spectateur face aux interrogations de la vie et de la foi, tout en l'aidant dans son parcours personnel de recherche et de croissance ».

 

« Dans chacun de leurs films, histoires douloureuses d'injustice, de solitude, d'abandon, histoires d'hommes désespérés et prêts à tout, conclue le président du Conseil pontifical pour les communications sociales, on sent le souci d'une recherche inquiète de l'homme, du pardon, d'une véritable rencontre».

 

Nouvelle plutôt étonnante au sens où le Vatican soutient des réalisateurs « sociaux » et soutenu par des services publics étiquetés à gauche. Pour ma part, c’est le genre de cinéma qui ne m’intéresse guère et ne me fait pas du tout rêver.  D'autre part, on finit par croire que le cinéma belge n'existe qu'à travers eux en dépit d'un talent manifestement présent au vu des nombreuses récompenses qu'ils ont déjà reçu mais qui n'attirent guère les cinéphiles dans les salles.  

 

 

08:22 Écrit par Daniel

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