02/08/2011

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MARINE LE PEN ET LES TRADITIONNALISTES

 

A l’occasion d’une interview accordée récemment au magazine La Vie, Marine Le Pen semble prendre ses distances par rapport à son électorat traditionaliste.

 

A la question de savoir si elle a encore besoin des catholiques suite à son soutien de l’avortement, elle répond :

 

« Je n’ai pas une vision communautariste de la politique. Je défends tous les Français et ne cherche pas à séduire les uns ou les autres en fonction de leur religion ou de leur origine. Je ne crois pas que les catholiques se soient détournés de moi. Beaucoup partagent la même vision que moi sur ces sujets : nous sommes aujourd’hui face à une véritable incitation à l’avortement. L’État ne met pas les femmes en condition de pouvoir conserver leur enfant. On doit revenir au texte de la loi Veil, à l’avortement comme exception. Nous devons tourner la société française vers la vie. L’enfant ne doit plus être considéré comme une charge, mais comme une chance. Mais annuler la loi Veil serait inapplicable. Dans la classe politique, personne ne le réclame. »

 

Quand on l’interroge sur la laïcité et le risque qu'elle s'éloigne des traditionnalistes : 

 

« J’ai plaidé pour que les racines chrétiennes de la France soient inscrites dans la Constitution européenne. Elles fondent les principes de la République française : « Liberté, Égalité, Fraternité », concepts qui ne sont pas partagés par d’autres religions. La laïcité est un moyen utilisé à l’issue d’une histoire sanglante, pour que la religion ne soit plus un sujet de conflit et puisse être exercée librement dans notre pays sous un certain nombre de conditions. Tout le monde les a acceptées. Mais elles sont remises en cause aujourd’hui par des fondamentalistes musulmans. … »

 

« La laïcité s’est mise en place dans des conditions d’exceptionnelle brutalité. Mais elle a plus de 100 ans. On était arrivé à un équilibre où chacun vivait sa religion, où il y avait un respect entre espace public et privé. Il ne faut pas faire de combat d’arrière-garde. On n’est pas en 1905. La laïcité n’est pas de la même nature. … »

 

« La laïcité n’a pas à être positive ou négative. Ce n’est pas un combat contre les religions. Elle ne peut pas non plus être le support d’une religion qui devrait accéder à égalité avec celle qui fonde notre civilisation. Les seuls qui dans les faits s’opposent à la laïcité ou la contestent, ce sont les fondamentalistes musulmans. Ce serait les fondamentalistes bouddhistes, je le dirais aussi. D’aucuns me rétorquent : « Et les catholiques traditionalistes, alors ? » Eh bien, ceux-ci ont parfaitement admis le concept de ­laïcité. Ils ne s’approprient pas la voie publique. … »

 

Elle explique également qu’elle ne discute pas avec le clergé qui a ostracisé le FN pendant de nombreuses années. Elle se dit malgré tout croyante et un fâchée avec l’Église. Elle se qualifie de « catholique de parvis » et dit aller à l’église pour les grandes occasions.  

 

Quant à la préférence nationale et son discours anti immigrés en contradiction avec les valeurs d’accueil dans l’Evangile :

 

« Cela fait 40 ans que nous répétons que nous ne nous en prenons pas aux immigrés, mais à la politique d’immigration, phénomène économique, géopolitique choisi, contraire aux intérêts de notre pays. Quelles que soient la forme de l’immigration et son origine, cela revient au même sur les finances publiques. Le fait que cette immigration vienne de pays de cultures différentes de la nôtre crée des problèmes supplémentaires. Il n’y a donc pas de paradoxe. Quant à la préférence nationale, elle consiste à accorder des avantages économiques à ceux qui ont la nationalité française. En quoi est-ce critiquable ? C’est appliqué dans d’autres pays comme la Suisse, le Maroc. À compétence égale, on donne un avantage aux Français dans l’accès à l’emploi, au logement social, aux aides sociales.  … »

 

Quand à la contradiction de défendre la vie tout en soutenant la peine de mort :

 

« Je comprends que des gens soient opposés à la peine de mort par conviction religieuse. Mais l’Église a toujours fait la différence entre la vie innocente et la peine de mort appliquée en condamnation des crimes les plus violents. L’Église ne s’est jamais opposée à l’existence de la peine de mort lorsqu’elle était encadrée. … »

 

A la lire, il semble que Marine Le Pen soit finalement une catholique pratiquante comme les autres à quelques contradictions prêts....

 

Cependant, n’oublions jamais que certains courants de l’Eglise catholique continuent à flirter avec les thèses extrémistes comme l’atteste le parcours du pro nazi Paul Touvier.

 

 

Marine Le Pen

 

10:23 Écrit par Daniel

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