06/06/2011

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ITALIE : UN CHRIST EN SLIP 

 

Jésus en slip, Ben Laden en peinture aux côtés de Kadhafi et Obama, des artistes nus qu'on peut toucher font partie des oeuvres exposées au pavillon italien de la Biennale d'art de Venise qui a ouvert ses portes la semaine passée.

Après être entré dans le pavillon italien, le visiteur se retrouve avec un tableau iconoclaste du Christ en croix vêtu d’un slip signé Dolce&Gabbana. L'auteur de ce tableau, Giuseppe Veneziano, avait déjà fait parler de lui lors de la présentation de sa "Vierge du IIIème Reich", qui représentait une Madone avec un petit Hitler en uniforme Nazi dans les bras.

Un peu plus loin, une composition de tableaux intitulée "The last crisis of this crazy crazy world" de Felipe Cardena fait figurer dans une même série les portraits de Barack Obama, Oussama Ben Laden et Mouammar Kadhafi, dans un style très Bollywood. Les tableaux sont présentés autour d'une représentation de Ganesh, le dieu hindou de la sagesse.

Dans le jardin du pavillon, un homme et une femme nus assis sur un trône se font toucher par le public. Une inscription les y invite.

Si la provocation est un peu plus au rendez-vous de la Biennale cette année, elle est due en grande partie au commissaire de l'exposition, l'historien et critique d'art Vittorio Sgarbi, connu pour son caractère fantasque.

Personnage très médiatique, connu en Italie pour ses excès de langage et ses colères, il est aussi un soutien de Silvio Berlusconi, dont un portrait est exposé dans le pavillon. Pour lui, "l'art est devenu un hôpital auquel seuls les médecins (les critiques d'art) et les proches des malades (les artistes) ont accès".

Le résultat est finalement inégal et sans fil conducteur. Comme souvent en art contemporain, le public doit côtoyer le pire et le meilleur. De tout temps, les artistes ont aimé s’en prendre à la religion ainsi qu’à la politique, sujets de prédilection des iconoclastes.

 

Comme m’a dit un jour un prêtre qui avait « supervisé » une exposition intitulée « irreligia » consacrée à la religion vu par des artistes polonais où figurait notamment un film homoérotique avec un Christ en croix, tout est dans le regard porté sur l’œuvre. Mouais…

 

Je suis très ouvert d’esprit mais je ne suis pas persuadé qu’il y a un « bon » regard dans l’oeuvre d’Andres Serrano intitulé « Piss Christ ». C’est plutôt un regard malsain et pathogène qui en dit long sur celui qui l’a réalisé.

  

 

 

10:49 Écrit par Daniel

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