06/05/2011

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JEAN-PAUL II : HERITAGE, HOMMAGES ET POLITIQUE

 

A la suite de la béatification express de Jean-Paul II, on peut s’interroger quant à son héritage. S’il a eu un destin hors du commun, il a aussi bénéficié d’un long pontificat qui lui a permis de marquer son temps.

 

Si son successeur est respecté, il ne possède pas son charisme. Benoît XVI a été élu pape en partie grâce à lui avec une volonté probable des cardinaux de poursuivre l’œuvre de son prédécesseur qui a apporté un rayonnement énorme à l’Eglise catholique dans le monde, même si le pape était un homme plutôt réservé. Aujourd’hui, il n’y a qu’à constater que l’Eglise n’a pas autant d’influence.

 

Au vu du nombre d’émissions spéciales consacrées à la béatification de Jean-Paul II, il est évident que le pape polonais continue à marquer son temps grâce aussi à de nombreux témoignages de cardinaux, collaborateurs et experts.

 

Aux quatre coins du monde, des lieux symboliques lui sont dédiés et des statues à son effigie sont inaugurées. Le président du Pérou a même été jusqu'à lui attribuer l'assassinat d'Oussama Ben Laden, véritable "incarnation du mal" à ses yeux.

 

Le 18 mai prochain, une statue de quatre mètres de haut du pape polonais, réalisée par le sculpteur Olivero Rinaldi sera érigée devant la gare de Termini qui sera rebaptisée "Gare Jean-Paul II".

 

En France, à Lyon, une autre statue sera érigée le 5 octobre prochain sur la colline de Fourvière, en l'honneur de sa venue à Lyon, en 1986. Si la majorité des acteurs catholiques sont enthousiastes, pour le prêtre du diocèse P. Bernard Yvernogeau, cette statue est "une horreur et un mépris pour les pauvres". A Osny, le 1er mai dernier, le maire Christian Gourmelen a inauguré un rond-point en l'honneur de l'ancien pape. Une cérémonie jugée un peu trop chrétienne par certains, pour qui il s'agit d'un viol du principe de laïcité. Enfin, à Paris, une statue de 3,6 mètres de haut, attend depuis l'été dernier de trouver sa place définitive. Elle a été réalisée et offerte par Zourab Tsereteli, président de l'Académie des beaux-arts de Russie.

 

Son culte public dans le diocèse de Rome a été inauguré le lundi 2 mai, lors d'une messe d'action de grâce présidée par le cardinal secrétaire d'État Tarcisio Bertone. Celui-ci a rappelé le rôle majeur joué par Jean-Paul II durant son pontificat. Il a donné à l'Église catholique "une visibilité universelle" et une "autorité morale qu'elle n'avait jamais atteinte auparavant au niveau mondial".

 

Fruit de son pontificat, les Journées mondiales de la jeunesse ont permis à de nombreux jeunes de suivre le Christ, même si par la suite, ils ne suivaient pas les consignes du pape dans le domaine de la morale sexuelle et désertaient les églises.

 

Jean-Paul II a dit de nombreuses fois que la doctrine de la foi n’était pas négociable et que l’Eglise était une mère devant être aimée, obéie et défendue contre toutes les attaques jusqu’à parfois paraître laxiste lorsque des scandales éclatent en son sein comme le débordement pédophile de certains prêtres.

 

Il semble clair que la béatification de Jean-Paul II permet à l’Eglise catholique de redorer son image et de réaffirmer son message de rigueur et de lutte contre le relativisme.

 

Les moments d’agonie du pape vont être rediffusés dans les médias afin de mettre en valeur la dimension chrétienne de la souffrance, essentielle pour Karol Wojtyla. Jamais auparavant, le Vatican n’a autant médiatisé un évènement en recourant notamment à tous les réseaux sociaux.

 

Cependant, le message de l’Eglise reste en porte à faux avec les conceptions plus libérales de nombreux catholiques en ce qui concerne le divorce ou l’homosexualité.

 

Cette béatification est un "acte politique" a estimé Frédéric Lenoir, responsable du « Monde des religions ». "La canonisation rapide est aussi un moyen de valoriser cette lecture particulière de Vatican II, qui n’est absolument pas consensuelle chez les catholiques", estime-t-il.

 

Il aurait été peut être plus prudent d’attendre encore une dizaine d’années pour béatifié Jean-Paul II afin d’analyser certaines zones d’ombre comme ses rapports avec les pays où sévissaient la théologie de la libération, le fondateur des Légionnaires du Christ ainsi que l’Opus dei qui a contribué à le faire élire, avec le risque de ne plus pouvoir le béatifier.

 

Du pontificat de Jean-Paul II, il ressort que le plus grand ennemi de l’Eglise catholique est le communisme. Tout a été mis en œuvre pour le terrasser avec pour épilogue la chute du Mur de Berlin et peut-être pour conséquence une forme de fourvoiement du point de vue politique, ce qui en soi n'est pas très moral.

 

 

 


 

 

08:13 Écrit par Daniel

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